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« Les âmes amoureuses sont toujours les plus torturées. »
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Les larmes coulaient comme un torrent sur mes joues. Oh oui, s'en était devenu incontrolable. La vue completement brouillée à présent, je pénétrai dans la sombre forêt de Greewood. Tête baissée, je courai à en perdre haleine, ne prétant pas attention aux branches et aux ronces qui me heurtaient sur mon passage. Je continuai de courir, encore et encore. Pour aller où ? Je n'en avais pas la moindre idée. Mais à l'heure qu'il était, je n'avais pas le temps d'y penser. Après de longues minutes de course effrainée, je m'arrêtai enfin, le coeur battant la chamade, et toujours ces larmes silencieuses sur mon visage. C'était là, ce fameux lac désert, où personne n'osai aller. Moi, je n'avais pas peur de me retrouver seule dans une immense forêt soit-disant pleines d'êtres surnaturels. Comme si ça existait ! Quoi qu'avec les phénomènes étranges de la région, il est vrai que l'on pourrait en douter. De toute manière, dans le pire des cas, je mourrai. La mort semblait paisible à côté de ma souffrance. Que valait ma pauvre vie misérable, à présent ? La vérité - et c'était elle qui me faisait le plus mal -, c'était que je ne valait pas grand chose sans lui. Je n'étais plus qu'une larve, ombre de moi-même, ne servant plus à rien. Car sans lui, je n'étais plus rien. J'étais maintenant descendue du monde dans lequel il me déposait à chaque regard, pour revenir dans ce monde réel, où je n'étais qu'une pauvre humaine insignifiante.
J'observai la longeur du grand lac bleu marine. Merveilleux; un endroit paradisique. Rien aux alentours, seulement quelques feuilles se promenant sur l'eau foncée. Une ultime larme, et elles s'arrêterent de couler. L'endroit devint alors soudain silencieux. D'un silence apaisant. Je lachai mon sac à terre, enlevai mes petites chaussures plates, fermai les yeux. C'était le calme plat, encore plus tranquille que dans un cimtière. C'est alors que je sentis mon instinct me guider. Pour la première fois de ma vie, il contrôlait mon corps tout entier, sans que je n'eûs rien à dire. Je commençai à avancer, et ne me rendis compte que je touchais l'eau seulement quand je sentis mes pieds se glacer. Je continuai d'avancer, jusqu'à disaraitre totalement sous la masse d'eau. Mon sang se glaça. Mes multiples égratignures me brulaient, mais je n'y prêtait aucune attention. Je n'entendais plus rien, ne voyait plus rien. Le néant; le paradis. Ca me plaisait attrocement, d'être éloignée de cette réalité attristante qu'était ma vie. J'avais l'impression que d'ici, tout était plus simple. J'aurais voulu rester dans ce lac pour toujours; si cela pouvait atténuer ma douleur. En vain; à bout de souffle, je décidai de remonter à la surface. J'ouvris les yeux, et le monde réel s'offrit alors à moi. Je soupirai. Puis entendant un léger bruit dernière moi, comme un craquement de bois et de feuilles mortes, je me retournai et poussai un cri de terreur.
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